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Guide · Marche à suivre

Suspicion de termites : que faire, et dans quel ordre

Entre le moment où le doute apparaît et celui où un professionnel intervient, quelques gestes simples protègent à la fois le bâtiment et vos droits. D’autres, au contraire, compliquent durablement la situation.

Les deux réflexes qui aggravent la situation

Le premier est de vaporiser un insecticide du commerce. Il tue les quelques ouvriers présents, jamais la colonie, qui est dans le sol. Pire : beaucoup de ces produits sont répulsifs, et la colonie contourne simplement la zone traitée pour réapparaître ailleurs, souvent moins accessible.

Le second est de démonter et d’évacuer les bois attaqués. Vous perdez les indices qui permettent de délimiter l’infestation — et surtout, en cas de démolition totale ou partielle, les bois contaminés doivent être incinérés sur place ou traités avant tout transport, avec déclaration en mairie : c’est l’article L.126-6 du code de la construction et de l’habitation.

Autrement dit : ne traitez pas, ne nettoyez pas, ne jetez rien. À ce stade, ne rien faire est la bonne décision.

Vaporisateur d’insecticide du commerce

Les trois premières choses à faire

Dans cet ordre, et sans matériel particulier.

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Photographier sans nettoyer

Ailes, cordonnets de terre, bois éclaté : photographiez tel quel, avec un objet de taille connue à côté pour l’échelle. Conservez quelques insectes ou quelques ailes dans un contenant fermé.

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Délimiter sans creuser

Sondez au manche d’un tournevis les bois voisins, notez ce qui sonne creux et ce qui sonne plein, et descendez d’un niveau si vous le pouvez. N’ouvrez pas de galerie, n’arrachez pas de plinthe.

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Faire établir un état écrit

Seul un opérateur certifié peut établir un état recevable, qui distingue les éléments infestés de ceux qui l’ont été et liste les parties non visitées. C’est ce document qui servira de base à tout le reste.

Dossiers administratifs empilés sur un bureau

La déclaration en mairie n’attend pas le traitement

Dès que vous avez connaissance de la présence de termites, la déclaration en mairie est obligatoire : elle incombe à l’occupant du bien et, à défaut d’occupant, au propriétaire — article L.126-4 du code de la construction et de l’habitation.

Le délai est d’un mois à compter des constatations, et la forme compte : lettre recommandée avec avis de réception, ou dépôt en mairie contre récépissé, selon l’article R.126-2. Le formulaire Cerfa n° 12010 est prévu à cet effet.

Cette déclaration est indépendante du traitement : elle ne suppose ni devis signé, ni travaux engagés. Le détail de la procédure figure sur la page déclaration de termites en mairie, et le classement des communes concernées sur celle de l’arrêté préfectoral.

Ce qui change selon votre situation

La même découverte n’a pas les mêmes suites pour tout le monde.

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Vous êtes locataire

C’est à vous, occupant, de faire la déclaration en mairie. Informez le propriétaire par écrit dans le même temps : les travaux relèvent de lui, et la trace écrite vous protège tous les deux.

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Vous êtes propriétaire occupant

Déclaration en mairie, puis état écrit, puis devis. Ne signez rien avant d’avoir un document qui délimite l’infestation : c’est la seule base sur laquelle deux devis sont comparables.

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Vous vendez ou allez vendre

L’état relatif à la présence de termites doit dater de moins de six mois à la date de la promesse ou de l’acte. Un bien peut se vendre avec des termites — pas sans que l’acheteur en soit informé.

Ensuite seulement, le choix du traitement

Une fois l’état établi, trois familles de solutions se discutent : la barrière chimique ou physique dans le sol, les pièges à appâts, et le traitement curatif du bois par bûchage puis injection. Elles ne s’opposent pas et se combinent souvent.

Le choix dépend de l’accessibilité des abords, de la nature du sol, de l’étendue constatée et de votre horizon : une vente prochaine et une occupation de longue durée n’appellent pas la même réponse.

Méfiez-vous d’un tarif annoncé au téléphone avant toute visite : les unités de facturation varient d’une méthode à l’autre, et un prix donné sans métrés n’engage personne. Les bases de chiffrage sont détaillées sur la page consacrée aux prix.

Examen du bas d’un mur extérieur

Ce que doit contenir un devis sérieux

Trois éléments suffisent à distinguer un devis exploitable d’un simple prix.

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Le périmètre traité

La liste des pièces, des bois et des abords concernés — et, tout aussi important, ce qui est explicitement exclu. Un devis qui ne dit pas ce qu’il ne traite pas n’engage à rien.

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Les métrés

Mètres linéaires de barrière, mètres carrés ou volume de bois, nombre de postes d’appât. Sans ces chiffres, deux devis ne sont pas comparables, quelle que soit la somme inscrite en bas de page.

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Le suivi

Nombre de visites de contrôle, périodicité, durée de l’engagement et ce qui se passe au terme. Sur un traitement par appâts, c’est ce volet qui fait l’efficacité, pas la pose initiale.

Questions fréquentes

Dois-je déclarer en mairie même si je fais traiter ?

Oui. L’obligation naît de la connaissance de la présence de termites, pas de l’absence de traitement. Faire traiter ne dispense de rien, et la déclaration reste due dans le mois.

Puis-je vendre un bien où des termites ont été trouvés ?

Oui. La loi n’interdit pas la vente : elle impose l’information de l’acheteur par un état de moins de six mois. Dissimuler une infestation connue expose en revanche à des suites autrement plus lourdes que le coût d’un traitement.

Le diagnostic est-il à ma charge ?

À la vente, l’état relatif à la présence de termites est fourni par le vendeur, comme les autres diagnostics du dossier technique. En dehors d’une vente, l’examen est à la charge de celui qui le demande.

Faut-il quitter le logement pendant le traitement ?

Rarement pour un traitement de charpente ou une barrière extérieure : l’accès à la zone traitée est restreint quelques heures. Faites préciser le délai de réintégration au devis, surtout en présence d’enfants ou d’animaux.

Y a-t-il urgence à faire traiter ?

Pas à quelques semaines près. Une colonie qui vient d’être découverte est là depuis des années : prendre le temps de comparer deux ou trois devis sérieux ne change rien à l’état du bâtiment, et beaucoup à la qualité de ce qui sera fait.

Faut-il prévenir les voisins ?

Aucune obligation, mais c’est utile, surtout en mitoyenneté : la colonie circule dans le sol sans considération pour les limites de propriété. Un examen simultané de deux maisons voisines donne une image bien plus juste de l’étendue réelle.

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